Retour sur la trilogie Mass Effect

Je prévois d’écrire cet article depuis mon premier run sur la trilogie, il y a un an. Je suis actuellement dans mon 2e run, au début de Mass Effect 3, mais j’ai déjà beaucoup beaucoup à dire alors… Allons-y ! Attention cependant, il y aura un peu de spoil concernant les deux derniers volets, un peu dans le fond mais surtout sur la forme.

Mass Effect, où tout commence

On m’a conseillé Mass Effect il y a un an donc, pendant une de mes crises de recherche de bon jeu d’aventure (après avoir terminé la dernière extension de Star Wars : the old Republic, il me semble). Forcément, les maîtres dans le genre restent Bioware. Je ne connaissais rien à cet univers et même si j’ai généralement peu d’attrait pour le space op (Fading Suns restant ma référence), j’ai accroché direct… malgré la maniabilité un peu foireuse de l’époque et les graphismes un peu vieillissant. Il faut dire que ce jeu est aussi mon tout premier TPS (Third Person Shooter), donc il avait toutes les excuses du monde 🙂

Bon j’avoue, j’ai râlé quand même pendant des heures sur mon écran « mais putain bien sûr qu’il est sur ta tête mon viseur bordel !!! ». Ceux qui ont fait le jeu comprendront…

Étonnamment, c’est sur le premier opus que j’ai le plus de souvenirs de l’histoire et malgré quelques passages un peu chiants, c’est un véritable plaisir du début à la fin. Le jeu s’apparente plus à un RPG qu’un vrai TPS action et l’écriture est assez bonne pour non seulement s’attacher aux personnages secondaires, mais surtout à Shepard, le protagoniste principal. Ou plutôt « la », en ce qui me concerne. Car oui, pour une fois, on peut choisir le sexe et l’apparence de son perso, ce qui était très rare à l’époque (2007) et surtout réservé aux mmorpg.

Un système d’alignement permet de jouer sur les nuances du personnage : plutôt parangon pour les « bonnes » actions, plutôt renégat pour les actions « méchantes ». Tout est une affaire de point de vue, ceci dit. Personnellement, je joue toujours « chaotique » : je vais essayer d’aider les gens, mais si on m’emmerde trop, je n’hésiterai pas à coller une balle dans la tête du premier qui m’aura trop cherché.

Mon premier run a été relativement rapide, j’avais très peur de me lasser dès le premier volet. J’ai beaucoup plus pris mon temps sur le deuxième run, sachant ce qui m’attendait, et tout s’est bien passé ! Je planifie toujours un troisième run, qui sera cette fois-ci beaucoup plus renégat que les deux précédents (rien à faire, je tombe toujours dans le parangon en jouant « chaotique »).

 

Mass Effect 2, où tout se poursuit pour le meilleur

Mass Effect 2, par où commencer… Pour moi, le meilleur jeu de tous les temps ? Ok ok, je vais argumenter un peu.

Mass Effect 2 – Shepard du 1er run

Je pense que l’intro du jeu est l’une des meilleures : on pousse des « aaah » en retrouvant son perso chéri, et des « ooooh » en assistant à sa mort dans les deux premières minutes.  Ca n’est même pas vraiment un spoil vu comme cela intervient vite. Au final, on se retrouve à tenter d’assembler une équipe, en vue de la mission ultime du jeu. Oui, la trame est aussi simple que ça, mais ça marche ! Après avoir récupéré chaque personnage, il faut gagner leur loyauté, indispensable pour leur survie à la fin du jeu.

Ils sont bien sûr tous bien écrits, tous intéressants et très attachants. Lors de mon premier run, ayant confié le mauvais poste à un perso qui ne m’était pas loyal, mon love interest a été tué. Je m’étais jurée de ne pas faire ça, mais j’ai quand même reboot ma sauvegarde, et refait le passage avec la soluce à côté car non, je ne pouvais pas supporter de perdre mon Garrus ! Malgré tout, je n’ai pas pu empêcher la perte de Jack et Legion…

Mass Effect 2 – Shepard du 2e run

Lors de mon deuxième run, j’ai fait très attention à chaque détail et malgré le manque de loyauté de Miranda, je n’ai perdu personne lors de la mission suicide ! C’est tout con, mais c’était un véritable exploit pour moi, de me dire que j’avais réussi à sauver tout le monde !

Au passage, l’ost bien épique ajoute beaucoup au sentiment d’accomplissement de cette fameuse mission, préparée avec amour pendant plus de 40 heures…

Je ne le dirai jamais assez mais tout est parfait dans ce jeu : l’histoire, le rythme, l’ambiance, l’ost, les choix, les personnages, les phases d’action, tout… Il a certainement des défauts mais mon amour pour lui me rend un peu aveugle, je l’avoue !

Lors de mon second run, j’ai également pu faire les DLC, et rien à redire : tout s’intègre très bien et reste dans le ton (et l’ost des phases d’action est magnifique et hyper immersive).

Malheureusement, tous les jeux solo ont une fin et il a fallu passer au dernier épisode…

 

Mass Effect 3, où ça sent le pâté

Ma première expérience sur ME3 s’est plutôt mal passée pour plusieurs raisons.

D’abord, j’ai fait tout mon premier run de la trilogie en français, et autant les deux premiers épisodes étaient plutôt bon sur le doublage, autant le 3e est complètement à la ramasse. Ma Shepard n’avait plus la même voix (c’est pourtant la même doubleuse !), son ton était totalement différent, et c’est un point que j’ai eu du mal à digérer, d’autant que le changement de moteur graphique a aussi complètement changé mon perso ! J’ai découvert au second run, un peu tard quoi, qu’il valait mieux retoucher son perso et ne pas faire confiance à l’importation de sauvegarde…

Mass Effect 3 – Shepard du 1er run

Bon, l’intro est encore une fois très bien, mais un gros soucis m’a de suite embêtée : laissez-moi parler, bordel ! Le jeu est devenu beaucoup plus action que RPG, et le joueur n’a plus autant le choix et la parole que dans les deux autres. Du coup, mon perso chéri ne réagit plus comme je le souhaiterais, et c’est une distance en plus entre ma Shepard et moi.

Autre point qui brise un peu mon petit coeur : l’ost. Elle est certes toujours très bien, mais dès le début, elle annonce la couleur : ça n’est plus vraiment épique, c’est triste, et ça finira mal (c’est le thème qui le « dit »).

C’est idiot mais j’ai eu beaucoup de mal à avancer dans le jeu, gardant en tête cette tonalité, et sachant que la fin risquait d’être décevante (je savais juste que ça avait beaucoup râlé à l’époque).

Je suis actuellement au début de mon 2e run sur ce jeu, et j’ai définitivement du mal à avancer. Certes, je joue cette fois en anglais et mon perso a bien la même voix, je lui ai refait le portrait pour qu’elle colle au mieux à mon apparence dans le 2, mais à la différence de la première fois, je sais ce qui m’attend maintenant, et en particulier à la fin…

Mass Effect 3 – Shepard du 2e run

Sans rentrer dans le détail, la fin est une simple proposition de 3 choix, peu importe ce qui a été fait pendant les deux précédents épisodes. Le DLC extended cut rajoute une 4e fin, qui est celle que j’ai eu à mon premier run, et qui m’a donné l’impression de me faire piéger : j’ai refusé les choix qu’on m’a proposé, en me disant qu’il y aurait autre chose derrière… sauf que non, le jeu se termine abruptement et surtout, comme si rien ne s’était passé pendant les trois jeux. C’est quelque chose que j’ai du mal à accepter : on m’a claqué une fin dans la tête en me disant « puisque tu n’as pas voulu choisir, ton parcours aura été inutile ».

Cette fois, pour mon deuxième run, je suis préparée, mais… Après plus de 100 heures à accompagner mon personnage, je n’ai pas envie de la voir finir par un sacrifice inévitable. Il y a une partie de moi qui ne peut pas la laisser partir et qui refuse d’accepter son deuil. Et il y a une autre partie qui sait que ça ne pouvait se terminer autrement, qu’après un long voyage plein d’aventures, il ne peut y avoir de retour à la vie d’avant, et qu’il faut terminer le cycle pour être en paix avec elle.

Bref… ça plus d’autres détails énervants (la maniabilité « savonnette », l’IA des compagnons stupide, l’IA des ennemis trop intelligente, la trame un peu brouillon au rythme mal équilibré et la partie totalement soporifique dans laquelle je me trouve), je vais mettre en attente ma partie… Et à bien y réfléchir, j’avais fait la même chose durant mon premier run, une petite pause de deux semaines.

J’espère revenir sur mon avis quand je l’aurai terminé….

2 commentaires sur “Retour sur la trilogie Mass Effect

  1. Le problème fondamental de la trilogie Mass Effect repose sur l’engagement émotionnel.
    On te fait « rentrer » l’univers et t’attacher au perso. La suite tient compte de 5-6 choix importants que tu as fait dans l’épisode 1 et en contient en lui même une tripotée. C’est vraiment épique et les nouveaux personnages sont tous très bien écrits (pour moi le dernier bon jeu de Bioware). Et ensuite vient le fameux épisode 3…

    Techniquement à sa sortie, il était joli mais cela ne suffit pas à masquer le passage en mode « couloir ». Point de continuité dans les choix fait précédemment mais juste quelques clins d’œil sans importance.

    Et ces fins… On a joué plus de 100 heures sur l’ensemble de la trilogie et on peut choisir ce qu’on veut… Comme quoi rien n’a d’importance sauf que le joueur a investit dans son personnage et le jeu te met une grosse claque dans la figure en disant bah au final tu fais comme tu veux. La déception est proportionnelle au plaisir qu’on a eu à incarner sheppard.

    RIP ME

    • J’ai découvert hier sur Reddit ce que les joueurs appellent la « Indoctrination Theory ». J’vais pas donner de détails là parce que ce sera le sujet du prochain article :p mais en gros, cette théorie fait passer la fin de ME3 de fin de merde à écriture géniale et mindfuck total. Tout tourne autour de l’endoctrinement, et je pense que justement, ça a très très bien marché.
      Bioware n’a pas infirmé la théorie, et il existe des tas de points qui la rendent tout à fait crédible. En y réfléchissant bien, elle joue sur notre crédulité et notre naïveté en tant que joueur… Un sujet très intéressant que j’aborderai sûrement au passage 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *